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Une professionnelle libérale prépare sa protection et sa retraite avec une conseillère.
Profil · Profession libérale

Profession libérale : structurer, protéger, préparer

BNC ou société d’exercice libéral, retraite d’une caisse de libéraux, prévoyance, murs du cabinet, cession de la clientèle : les arbitrages qui décident de votre patrimoine, et le bon moment pour les prendre.

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Rédigé par la rédaction de gestionnairedefortune.com Mis à jour le 17 août 2026 Sources officielles : impots.gouv.fr, service-public.fr, AMF, ORIAS.

Des revenus confortables, un patrimoine rarement organisé

Médecin, avocat, expert-comptable, architecte, kinésithérapeute, notaire : l’exercice libéral produit souvent des revenus élevés, mais laisse peu de temps pour s’occuper de soi. Le patrimoine se construit alors par sédimentation (épargne bancaire, résidence principale, parfois les murs du cabinet) sans qu’aucune décision d’ensemble n’ait vraiment été prise.

Trois angles morts reviennent presque systématiquement. La retraite, parce que les régimes des libéraux servent une pension souvent très en deçà du dernier revenu d’activité. La prévoyance, parce qu’un cabinet qui s’arrête est un revenu qui s’arrête. La sortie, parce que la cession d’une clientèle est une opération fiscale à part entière, dont les régimes de faveur reposent sur un calendrier.

Cette page traite de ces sujets propres à l’exercice libéral : forme d’exercice, retraite, prévoyance, murs du cabinet, cession de la clientèle. Si vous dirigez une société commerciale et préparez sa vente ou sa transmission (pacte Dutreil, apport-cession), notre page chef d’entreprise traite spécifiquement de ces mécanismes.

Exercice individuel ou société d’exercice libéral

En exercice individuel, votre bénéfice non commercial (BNC) est imposé en totalité au barème de l’impôt sur le revenu et sert d’assiette à vos cotisations sociales, que vous ayez prélevé cet argent ou non. Simple et lisible, mais sans filtre entre ce que le cabinet dégage et ce qui est imposé chez vous : passé un certain résultat, tout le surplus subit votre tranche marginale.

La société d’exercice libéral (SELARL, SELAS) soumet le résultat à l’impôt sur les sociétés : 25 % au taux normal, 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les sociétés éligibles, chiffre d’affaires inférieur ou égal à 10 000 000 €, capital entièrement libéré et détenu pour au moins 75 % par des personnes physiques. Elle reste une structure encadrée : plus de la moitié du capital et des droits de vote doit être détenue par les professionnels qui y exercent (source : service-public.gouv.fr).

L’arbitrage tient à une question rarement posée aussi crûment : avez-vous besoin de tout votre résultat pour vivre ? Si oui, la société n’apporte souvent qu’un surcoût de formalisme ; sinon, elle permet d’en laisser une part dans la structure. À noter : depuis les revenus de 2024, les rémunérations des associés de SEL au titre de leur activité libérale sont imposées en BNC et non plus en traitements et salaires, sauf le gérant majoritaire de SELARL, qui relève de l’article 62 du CGI.

Structurer, dans le bon ordre
1
Chiffrer le besoin

Distinguer ce que vous devez prélever pour vivre de ce que le cabinet dégage réellement. C’est cet écart, et lui seul, qui rend une société utile.

2
Choisir la forme

BNC, SELARL, SELAS : arbitrer avec votre expert-comptable, en intégrant statut social, règles de votre ordre professionnel et arrivée éventuelle d’associés.

3
Piloter chaque année

Doser rémunération et dividendes, en tenant compte des droits sociaux acquis et du seuil de 10 % du capital au-delà duquel les dividendes sont cotisés.

4
Préparer la sortie

Loger les murs, alimenter l’épargne retraite, caler le calendrier de cession de la clientèle sur le régime d’exonération visé.

Ordre indicatif : chaque étape se décide au cas par cas, avec votre expert-comptable et, selon votre profession, l’ordre dont vous relevez.

Rémunération, dividendes et holding : les règles propres aux libéraux

En SEL, deux canaux coexistent. La rémunération supporte les cotisations sociales mais ouvre des droits : retraite, invalidité-décès, indemnités journalières. Les dividendes relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de 1,4 point de CSG), avec une option possible pour le barème et son abattement de 40 %.

Une règle spécifique change l’équation pour les libéraux : la part des dividendes qui excède 10 % du capital social détenu (majoré des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant) est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales et se déclare comme un revenu d’activité (notice Urssaf 2026). Une SEL au capital symbolique atteint donc ce seuil dès les premiers euros distribués : le montant du capital est un paramètre de la stratégie, pas un détail administratif.

Au-dessus de la SEL peut se placer une SPFPL, la holding réservée aux professions libérales réglementées, dont le cadre a été refondu par l’ordonnance du 8 février 2023. Elle détient les titres d’une ou plusieurs SEL, fait remonter des dividendes, finance l’entrée d’un associé. Soumise elle aussi à des règles de détention par des professionnels exerçant, et coûteuse à faire vivre, elle ne se justifie qu’avec un projet clair.

Exercice individuel ou société d’exercice libéral : deux logiques (repères indicatifs 2026, susceptibles d’évolution).
CritèreExercice en BNCEn SEL
Imposition du résultatIR au barème, sur la totalité du bénéficeIS : 25 %, ou 15 % jusqu’à 42 500 € sous conditions
Assiette socialeLe bénéfice, en totalitéRémunération + dividendes au-delà de 10 % du capital
Trésorerie conservéeImpossible : le résultat est imposé chez vousPossible, après impôt sur les sociétés
FormalismeAllégé (déclaration 2035)Comptes annuels, assemblées, agréments de l’ordre
SortieCession de clientèle : plus-value professionnelleCession de titres, entrée d’associés, SPFPL

Retraite : le décalage que personne ne vous annonce

Les libéraux relèvent de la CNAVPL, qui fédère dix sections professionnelles : CARMF pour les médecins, CARPIMKO pour les kinésithérapeutes et infirmiers, CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes, CAVP pour les pharmaciens, CAVEC pour les experts-comptables, CIPAV pour les architectes, CPRN pour les notaires, et quelques autres. Les avocats font exception : ils relèvent de la CNBF, leur propre caisse (source : cnavpl.fr).

Chaque section a ses taux, ses classes de cotisation et son régime complémentaire : aucun chiffre unique n’est possible. Le constat, lui, est partagé : la pension se calcule sur des revenus plafonnés et sur des points acquis au fil d’une carrière parfois interrompue, si bien qu’elle se situe souvent loin du dernier revenu d’activité. Le premier travail utile n’est donc pas un placement, c’est une estimation : relevé de carrière, pension attendue, train de vie souhaité.

Pour combler l’écart, le PER individuel ouvre aux travailleurs non salariés un plafond de déduction spécifique (article 154 bis du CGI) : 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale, majorés de 15 % de la fraction comprise entre un et huit PASS, avec un plancher de 10 % du PASS. Le PASS étant fixé à 48 060 € pour 2026, ce plancher s’établit à 4 806 € et le plafond peut atteindre 88 911 €. Deux évolutions cette année : les versements effectués à compter du 70e anniversaire ne sont plus déductibles, et les plafonds non utilisés se reportent sur cinq ans au lieu de trois (service-public.gouv.fr).

Prévoyance : l’angle mort le plus coûteux

Un libéral en arrêt de travail perçoit une indemnité journalière égale à 1/730e de son revenu d’activité annuel moyen des trois dernières années, ce revenu étant retenu dans la limite de trois fois le PASS. Le maximum est de 197,51 € bruts par jour au 1er janvier 2026, après trois jours de carence, et un même arrêt ne peut être indemnisé à ce titre au-delà de 90 jours (ameli.fr). Le relais est ensuite pris par le régime invalidité-décès de votre section, dont le niveau varie fortement selon la profession.

Rapprochez ces montants de vos charges fixes : loyer du cabinet, salaires, emprunt, train de vie familial. L’écart plaide en général pour un contrat de prévoyance individuel, encore faut-il le lire. Ce qui décide de son utilité réelle, c’est la définition de l’incapacité retenue, la franchise, les exclusions et la revalorisation des rentes. En cabinet de groupe ou en SEL, l’assurance dite « homme clé » couvre en outre la société contre l’indisponibilité d’un associé difficilement remplaçable.

Les murs du cabinet : préparer sa retraite par la pierre

Beaucoup de libéraux détiennent leurs locaux via une SCI plutôt qu’à l’actif de leur cabinet. La SCI achète, souvent à crédit ; le cabinet lui verse un loyer, charge déductible de son résultat professionnel ; ce loyer devient un revenu foncier imposé chez les associés. Le crédit se rembourse ainsi avec des sommes qui auraient sinon été imposées comme du bénéfice, et une fois l’emprunt éteint, le loyer devient un revenu régulier qui continue après la cessation d’activité.

Le schéma n’est pas neutre : le loyer doit correspondre à la valeur locative réelle, sous peine de requalification, et la détention en société civile change le régime des plus-values à la revente, appelle une vigilance sur l’IFI et engage la transmission des parts. À construire avec un notaire, en cohérence avec le reste de votre patrimoine, voir notre page investisseur immobilier.

Céder sa patientèle ou sa clientèle : les régimes d’exonération

La patientèle ou la clientèle est un élément incorporel de votre actif professionnel. Sa cession dégage une plus-value professionnelle qui est, pour beaucoup de libéraux, la plus importante d’une carrière, et le vrai complément de retraite. Deux régimes d’exonération méritent d’être connus longtemps avant la signature.

L’article 238 quindecies du CGI exonère la plus-value lorsque le prix de cession, ou la valeur vénale des éléments transmis hors actifs immobiliers, n’excède pas 500 000 € ; l’exonération devient partielle et dégressive entre 500 000 € et 1 000 000 €, après cinq ans d’activité au moins. L’article 151 septies offre par ailleurs une exonération fondée sur les recettes : totale en dessous de 90 000 € de recettes annuelles moyennes pour une activité libérale, partielle jusqu’à 126 000 € (impots.gouv.fr).

L’article 151 septies A vise, lui, le départ à la retraite : il exonère la plus-value d’impôt sur le revenu si vous avez exercé depuis au moins cinq ans, si vous cessez toute fonction dans l’entreprise cédée et faites valoir vos droits à la retraite dans les deux années suivant ou précédant la cession, et si vous ne détenez pas plus de 50 % des droits du repreneur. Deux pièges : les prélèvements sociaux restent dus sur la plus-value exonérée, et un décalage de quelques mois entre cession et liquidation de la retraite peut faire perdre le régime (impots.gouv.fr).

Diversifier hors du cabinet, et tenir la trésorerie

Le premier risque patrimonial d’un libéral n’est pas boursier : c’est la dépendance à sa propre capacité de travail. Diversifier consiste donc à faire exister un patrimoine qui produit des revenus sans vous : assurance-vie, PER, immobilier locatif, valeurs mobilières, selon votre horizon et votre tolérance au risque. Aucun placement ne cumule sécurité, rendement et liquidité : la répartition entre classes d’actifs reste le premier outil de maîtrise du risque, à intégrer dans une stratégie fiscale et successorale d’ensemble.

Reste le décalage entre trésorerie et fiscalité. En BNC, l’impôt sur le revenu est prélevé par acomptes assis sur des revenus antérieurs, et les cotisations sociales sont d’abord appelées à titre provisionnel avant d’être régularisées : une bonne année produit donc mécaniquement une régularisation l’année suivante, souvent au pire moment. La discipline consiste à provisionner cet écart sur un compte dédié dès l’encaissement. Beaucoup de difficultés de trésorerie de cabinet n’ont pas d’autre origine.

Bons réflexes
  • + Chiffrer son besoin avant de choisir une structure
  • + Demander son relevé de carrière tôt
  • + Utiliser son plafond de PER de TNS
  • + Relire la définition d’incapacité de sa prévoyance
  • + Provisionner les régularisations de cotisations
  • + Caler le calendrier de cession sur le régime visé
Erreurs fréquentes
  • − Créer une SEL sans besoin réel
  • − Capital social symbolique, puis dividendes
  • − Compter sur la seule pension de sa section
  • − Découvrir son contrat en pleine incapacité
  • − Liquider sa retraite au mauvais moment
  • − Confondre trésorerie du cabinet et épargne

Qui consulter, et quand

Ces sujets mobilisent plusieurs métiers. Votre expert-comptable pilote l’arbitrage BNC / SEL puis le dosage rémunération-dividendes. Un avocat rompu au droit des sociétés d’exercice libéral sécurise statuts, SPFPL et rapports entre associés, en lien avec votre ordre professionnel. Le notaire intervient sur la SCI, le régime matrimonial et la transmission. Le conseiller en gestion de patrimoine, lui, apporte la vision d’ensemble et arbitre les priorités.

Selon la taille de votre patrimoine, cet interlocuteur peut être un CGP indépendant, un gestionnaire de fortune ou, pour les patrimoines les plus importants, un family office. Le point de départ reste le même : un bilan patrimonial honnête, chiffres en main. Sur cette plateforme, la mise en relation est gratuite pour vous (nous sommes rémunérés par les professionnels partenaires) et vous restez libre de donner suite ou non.

Ce contenu est informatif Cette page est informative et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou patrimonial. Les dispositifs, taux et montants cités (2026) sont soumis à conditions et susceptibles d’évoluer au fil des lois de finances et de financement de la sécurité sociale. Toute décision (forme d’exercice, structuration, prévoyance, calendrier de cession) doit être validée par des professionnels habilités (expert-comptable, avocat, notaire, conseiller habilité) après étude complète de votre situation et au regard des règles de votre ordre professionnel.
Aller plus loin

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FAQ

Questions fréquentes

Faut-il passer en société d’exercice libéral ?
Cela dépend d’abord d’une seule chose : avez-vous besoin de la totalité de votre résultat pour vivre ? Si oui, la SEL n’apporte souvent qu’un surcoût de formalisme. Si non, elle permet de laisser une partie du résultat dans la structure, imposée à l’IS au taux de 25 % (ou 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice sous conditions). L’arbitrage se fait avec un expert-comptable, chiffres en main.
Comment sont imposés les dividendes d’une SEL ?
Par défaut au prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), avec une option possible pour le barème progressif et son abattement de 40 %. Attention : la part des dividendes qui excède 10 % du capital social détenu, majoré des primes d’émission et des sommes en compte courant, est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales.
À quoi sert une SPFPL ?
La société de participations financières de professions libérales est la holding réservée aux professions réglementées. Elle permet de détenir les titres d’une ou plusieurs SEL, de faire remonter des dividendes, de financer l’entrée d’un associé ou un rachat de parts. Son cadre a été refondu par l’ordonnance du 8 février 2023. Elle suppose des règles de détention par des professionnels exerçant et un coût de fonctionnement : elle ne se justifie qu’avec un projet précis.
Combien puis-je déduire sur un PER en tant que libéral ?
Le plafond des travailleurs non salariés (article 154 bis du CGI) est de 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de huit PASS, majorés de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre un et huit PASS, avec un plancher de 10 % du PASS. Le PASS 2026 étant de 48 060 €, ce plancher est de 4 806 € et le plafond peut atteindre 88 911 €. Depuis 2026, les versements effectués à partir du 70e anniversaire ne sont plus déductibles, et les plafonds non utilisés se reportent sur cinq ans.
Combien de temps suis-je indemnisé en cas d’arrêt de travail ?
L’indemnité journalière correspond à 1/730e du revenu d’activité annuel moyen des trois dernières années, ce revenu étant retenu dans la limite de trois PASS, avec un maximum de 197,51 € bruts par jour au 1er janvier 2026 et un délai de carence de trois jours. La durée d’un même arrêt indemnisé à ce titre ne peut dépasser 90 jours ; au-delà, le relais est pris par le régime invalidité-décès de votre section professionnelle.
Faut-il acheter les murs de son cabinet ?
C’est fréquent et souvent pertinent, généralement via une SCI : le loyer versé par le cabinet est déductible de son résultat professionnel et devient un revenu foncier pour la SCI, ce qui permet de rembourser le crédit puis de disposer d’un revenu régulier après la cessation d’activité. Le loyer doit refléter la valeur locative réelle, et le montage engage plus-values, IFI et transmission des parts : à valider avec un notaire.
La cession de ma patientèle sera-t-elle imposée ?
Elle dégage une plus-value professionnelle, mais des régimes d’exonération existent. L’article 238 quindecies du CGI exonère totalement lorsque le prix de cession, hors actifs immobiliers, n’excède pas 500 000 €, et partiellement entre 500 000 € et 1 000 000 €, après cinq ans d’activité. L’article 151 septies A exonère d’impôt sur le revenu en cas de départ à la retraite, sous conditions de délai, mais les prélèvements sociaux restent dus.
La mise en relation est-elle payante et confidentielle ?
Elle est gratuite et sans engagement pour vous : la plateforme est rémunérée par les professionnels partenaires. Vos informations leur sont transmises avec votre accord ; elles ne sont ni publiées ni utilisées à des fins publicitaires.

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